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[DegenereScience]

Mot-clé - Chaos Computer Club France

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jeudi 25 mars 2010

Réponse à Jean-Bernard CONDAT

Il nous est récemment parvenu, par voie postale, un courrier signé d'un certain Jean-Bernard CONDAT, nous sommant de retirer sans délai du Manifeste pour la création d'une organisation hacker en France son identité ainsi que toute indication permettant de l'associer au monde de la sécurité informatique.

Monsieur,
Plusieurs fois de suite, j’ai noté que des recruteurs lors des entretiens d’embauche me questionnaient discrètement mais de façon non équivoque sur mon appartenance à un ou plusieurs services secrets. J’avoue toutes les fois que j’ai du mal à répondre à une telle question. Outre d’avoir visionné quelques films avec James BOND comme acteur, je ne suis qu’un humble citoyen à la recherche d’un poste.
Un de ces recruteurs a récemment satisfait ma curiosité quant à ces questions sur mon éventuel travail dans un service secret : il m’a présenté un Manifeste pour la création d’une organisation hacker en France (dg-sc.org) où je suis clairement cité comme agent de la DST, fondateur du Chaos Computer Club France et faisant usage d’un arsenal répressif irrationnel. Outre d’être absolument faut, je n’ai jamais été menacé par la folie sécuritaire ambiante.
Cette citation directe de ma personne (il n’existe qu’un seul Jean-Bernard Condat en France à ce jour) me cause d’inextricables préjudices aussi bien personnels, professionnels et privés. J’ai été sommé plusieurs fois de m’expliquer sur vos écrits grossiers.
Je vous fais donc par la présente sommation d’avoir à retirer mes prénoms et nom sans délais et/ou toutes indications permettant de m’associer au monde de la sécurité informatique.
En absence de réaction de votre part, je vous citerais à comparaître pardevant le Tribunal correctionnel compétent pour injure publique envers un particulier par moyen de communication au public par voie électronique et diffamation envers particuliers aux mêmes fins.

Ce même courrier a été envoyé à diverses personnes ayant rediffusé ce texte sur le Web, et certaines de ces personnes ont obtempéré par peur de représailles. Nous n'en ferons rien. Cette affaire est simplement grotesque, et nous avons bien d'autres projets ces derniers temps que de gérer un conflit qui n'en vaut pas la peine ; nous nous contenterons donc d'exposer clairement nos arguments. C'est-là tout ce que Jean-Bernard CONDAT obtiendra de nous.

En premier lieu, cette lettre a systématiquement été envoyée à de simples particuliers. Or, le texte est d'une part signé d'un nom de groupe, et il a d'autre part été rediffusé par des entités n'ayant jamais eu le moindre lien avec le groupe DegenereScience. Ces lettres ne s'adressent donc pas aux bonnes personnes.

Ensuite, le courrier porte la mention "Lettre recommandée avec AR & LS". Or nous n'avons à ce jour reçu qu'une unique lettre simple.

Sur le contenu de la missive en elle-même, nous devons commencer par signaler que, si Jean-Bernard CONDAT prétend n'avoir eu connaissance du Manifeste que lors d'un entretien d'embauche, il semble avoir publié un commentaire à ce texte en date du 3 février 2010.

Le Manifeste cite nommément Jean-Bernard CONDAT comme fondateur du Chaos Computer Club France, en liaison directe avec les services de sûreté intérieure, la DST. C'est-là un fait historique capital qu'il est impossible de taire quand on cherche à expliquer la situation actuelle du milieu hacker en France. La véracité de cette affirmation n'est pas difficile à démontrer, de nombreuses sources en font état (articles de presse, livres, thèse de doctorat, témoignages de personnes ayant connu l'époque, etc.). En outre, l'expression arsenal répressif irrationnel ne se rapporte pas à sa personne mais à l'État Français, et la tournure folie sécuritaire ambiante se trouve dans une phrase concernant les hackers, et non Jean-Bernard CONDAT.

Jean-Bernard CONDAT somme de retirer du texte, outre ses nom et prénom, toute indication permettant de l'associer au monde de la sécurité informatique. Cette demande risque d'être difficile à satisfaire dans la mesure où il se décrit lui-même comme un computer fraud expert intéressé par le piratage téléphonique et informatique dans le profil de l'un de ses sites Web.

Jean-Bernard CONDAT termine sa lettre en indiquant qu'en l'absence de réaction de notre part, il intentera une action pour injure publique et diffamation. Or, en droit Français, ces deux délits s'excluent mutuellement, et il ne peut attaquer que sur l'un ou l'autre de ces délits, pas les deux.

De plus, ces deux délits sont soumis à une prescription de trois mois, à dater du jour de première publication. Le Manifeste pour la création d'une organisation hacker en France a été publié le 31 août 2009, soit plus de six mois avant que Jean-Bernard CONDAT ne réagisse. Il ne saurait donc être question d'une quelconque action en justice au motif de diffamation ou injure publique.

Pour conclure, le groupe DegenereScience souhaite rappeler que l'article 6, I, 4 de la Loi pour la Confiance dans l'Économie Numérique punit de prison ce type d'intimidation.